Revue de presse
“La biographie Talking Heads (Le mot et le reste) de John Raby parle à la tête et au cœur. Très complète et en français, elle nous permet de suivre la vie et la mort du groupe. Elle nous plonge aussi dans des secrets d’enregistrements comme, par exemple, l’usage d’instruments parfois très étonnants ! En écoutant cette ligne de basse groovy à mort et le riff de guitare légendaire de David Byrne, vous aurez sans doute reconnu le tube de Talking Heads, leur portrait d’un Psycho Killer qui n’a pas pris une ride depuis sa sortie en 1977. Pourtant, comme le précise John Raby dans son livre, cette version de Psycho Killer n’est pas celle que vous avez certainement en tête. C’est une prise alternative, qui n’a pas été conservée et où se mêlent un cinquième instrument, l’avez-vous reconnu ?”
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“Les séries, c’est génial. Pas seulement pour les intrigues palpitantes ou les acteurs talentueux, mais aussi parce qu’elles offrent une seconde vie à des répertoires musicaux qu’on croyait
parfois oubliés. Mieux encore, elles permettent à de nouvelles générations de découvrir des pépites issues d’un passé glorieux (oui, « lol », comme vous dites). Un exemple parfait ? Talking
Heads. Leur incontournable « Psycho Killer », judicieusement intégré à la bande originale de Stranger Things, a fait un retour fracassant sur les playlists, notamment chez les moins de
25 ans, et même chez leurs aînés. Mais alors, ces nouveaux fans se laisseront-ils tenter par le tout premier livre en français consacré au groupe new-yorkais ? On l’espère de tout coeur. Car Talking Heads de John Raby est une véritable somme : près de 550 pages d’analyse méticuleuse, retraçant l’histoire fascinante de ce groupe unique à travers leurs huit albums studio et deux albums live. Ce pavé (appelons les choses par leur nom) brille par son érudition. En s’appuyant sur une documentation impressionnante, Raby nous offre une plongée captivante dans l’univers de Talking Heads. On y découvre non seulement la formation du groupe autour du charismatique chanteur et leader David Byrne, mais aussi une exploration minutieuse de leur musique. Une musique à la fois complexe et accessible, née au coeur de la new wave, qui a su évoluer pour flirter avec le funk, les sonorités africaines et même les prémices des musiques électroniques. C’est un ouvrage exhaustif, certes, mais jamais rébarbatif. Il permet de mieux comprendre l’essence d’un groupe qui a su marier intelligence et énergie. Des têtes pensantes, sans aucun doute. Mais aussi des têtes dansantes.”
“Il est réducteur de cantonner les Talking Heads à la new wave ou au post-punk, car leur génie réside précisément dans leur capacité à transcender les genres. Du funk hypnotique de ‘Remain in Light’ – considéré par beaucoup comme leur chef-d’œuvre absolu – aux pulsations afrobeat de ‘Speaking in Tongues’, le groupe a su créer une fusion inédite, oscillant constamment entre avant-garde radicale et tubes grand public comme ‘Psycho Killer’ ou ‘Burning Down the House’.” Au cœur de cette alchimie, la personnalité fascinante de David Byrne, frontman atypique aux danses saccadées et aux costumes démesurés, mais aussi les tensions créatives avec la section rythmique formée par Tina Weymouth et Chris Frantz. Cette dynamique complexe a façonné un son unique, immortalisé dans l’électrisant ‘Stop Making Sense’ – sans doute le plus grand film de concert jamais réalisé. Pour explorer cet univers singulier, nous recevons aujourd’hui John Raby, auteur d’une nouvelle analyse approfondie du parcours des Talking Heads. De leurs débuts minimalistes au CBGB jusqu’à leurs explorations rythmiques avec Brian Eno, nous verrons comment ce groupe new-yorkais a réinventé la notion même de ce que pouvait être un groupe de rock en a peine une décennie et 8 albums studios.”
”Ecouter en intégralité”: https://smartlinks.audiomeans.fr/l/la-musique-se-livre-21c9e694cd77/talking-heads-2a657d43
“L’auteur, John Raby, a ceci de particulier qu’il est déjà spécialiste et auteur de livres sur les Residents et Frank Zappa ; en plus d’avoir fait une thèse de philo sur Deleuze. Ici, au carrefour de la pop culture avec la pop philosophie : du fait marquant qui symbolise un moment, à son extraction pour qu’il fasse sens dans l’histoire des idées. A sujet ad hoc, la réponse, un peu longue, tient en quelques 660 pages. Mais, excellente étude de cas, c’est le premier ouvrage en français qui en extrait la substantifique moëlle. Hop ! ”
“John Raby signe le premier livre en français sur le quatuor new-yorkais : déjà indispensable ! Pour beaucoup, ça a commencé pendant l’hiver 77 / 78 avec une ligne de basse obsédante dans la radio. La rythmique de la batterie et des guitares oscillaient côté funk ou côté rock. Puis il y avait ce chant, entre normalité et déraillement, étranglement même. Soudain, le chanteur racontait en français dans le texte qu’il se lançait vers la gloire. Le final surprenait tout le monde par ses triturations de cordes entourées de larsens. Et surtout ce refrain, avec ses Fa-fa-fa-fa, rappelant les Kinks ou Otis Redding, précédés de cette accroche devenue légendaire : « Psycho Killer, Qu’est-ce que c’est ? » Ça résumait bien notre étonnement : Mais qu’est-ce que c’était ? les Talking Heads ! (...) A l’instar des Talking Heads, John Raby ne fait pas dans le demi-mesure. Après un livre empirique sur Frank Zappa (Chez Le mot et le reste également), son nouvel ouvrage affiche d’emblée 560 pages ! De quoi assouvir la soif et la faim des accros aux têtes parlantes. L’auteur a construit son enquête en trois parties : d’abord des informations biographiques et les débuts de l’équipe, puis une analyse critique des albums de 1977 à 1988 plus quelques disques solo parallèles, dont le transgressif LP homonyme de Tom Tom Club, et enfin, une sorte de journal de bord des musiciens depuis 1988 et leur séparation. John Raby s’avère aussi une tête écrivante, glissant une somme impressionnante de témoignages, de renseignements et de références parfois conceptuelles. De plus, il dissèque méticuleusement les titres du quatuor, leur contexte créatif, leurs textes, leur impact, de même que leurs correspondances visuelles – pochettes, clips -. Les maniaques des Talking Heads apprécieront notamment les coulisses des recherches soniques avec Brian Eno. Une mention particulière pour l’étude de l’apport des musiciens et artistes extérieurs à partir du tournant Remain In Light, entre autres la chanteuse Nona Hendryx ou le génial guitariste Adrian Belew… Il n’y avait pas encore de livre en français sur les Talking Heads. John Raby coche la case avec maestria !”
“John Raby est un spécialiste de la philosophie de la musique. Après s’être penché par le passé sur les cas de The Residents, Gilles Deleuze ou Frank Zappa entre autres, c’est au phénomène Talking Heads qu’il s’est attaqué pour signer le premier livre en français consacré au groupe. Au fil des 560 pages éditées chez Le Mot et Le Reste, il retrace ainsi le parcours de ces quatre étudiants en art, analyse leurs albums en s’attardant sur le contexte et la réception de chacun, et éclaire plus généralement sur ces parcours surprenants mettant en lumière une certaine conception de la musique, jusqu’aux enjeux financiers de la séparation du groupe, en passant par les extases et les violences que réserve le show-business. Le livre est disponible au prix de 32€ dans toutes les librairies de bon goût, ou directement sur le site de Le Mot et Le Reste.”
“John Raby consacre un volumineux ouvrage aux éditions Le Mot et le reste, le seul en français, consacré au groupe mythique de David Byrne, les Talking Heads. Les Talking Heads. Ce quatuor a commencé dans un bar minable de New York et a bousculé des générations d’amateurs de musiques. Musiques plurielles. Son premier disque est sorti en plein boom punk en 1977. Mais était-il punk ? À sa façon, peut-être. Les Têtes qui parlent sont des têtes qui réfléchissent beaucoup. Leur musique est à des années-lumière du triptyque guitare-basse-batterie où l’on fonce droit devant, tête baissée. Dans le mur, parfois. À une époque, au début des années 1980, il était de bon ton de dire qu’on adorait les Talking Heads. Sans vraiment savoir pourquoi. L’auteur de ce colossal ouvrage, qui ravira les fans (vieux et jeunes) parle « de funk maoïste, de country métaphysique, de gospel bouddhiste ». Inclassable, c’est un fait. Peut-on parler de tubes ? Pas franchement. Des titres ont bien fonctionné comme Psycho Killer, Once in a Lifetime, Burning Down The House. Pas de succès fou commercial. Mais des fans toujours nombreux. Un objet musical non identifié conduit par David Byrne, grand type sec, dégingandé, en costume et nœud pap’, à la danse de robot. Un sacré bonhomme, intello un peu barré qui disait : « Je ne serais pas surpris que la poésie, la poésie au sens large, au sens d’un monde rempli de métaphores, de rimes et de motifs, de formes et de modèles récurrents, soit la façon dont le monde fonctionne. Le monde n’est pas logique, c’est une chanson. » John Raby, déjà auteur d’un livre sur Frank Zappa, signe cette belle somme, seul ouvrage en français consacré au groupe. Un bilan éloquent pour les uns, une porte ouverte pour la découverte d’un groupe étrange pour les autres.”